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AqME revient sur sa nouvelle offrande

Par Velvet Press
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AqME revient sur sa nouvelle offrande

Diaporama ( 2 photos )

Le quatuor parisien arbore un nouveau visage sur son dévastateur "En l'Honneur de Jupiter" : épaulé d'un nouveau guitariste, AqME revient plus costaud que jamais et distribue les pains dans une ambiance morbide. Thomas et Etienne nous parlent de ce retour fracassant.

Il y a eu un changement de guitariste depuis "Hérésie". Que s'est-il passé ? Présentez-nous le p'tit nouveau…
Thomas (chant) : Benjamin n'avait plus forcément envie de faire ce style de musique, il nous l'a fait ressentir alors à un moment, on lui a proposé de s'en aller. Il a été complètement d'accord et il nous a donc quittés. On s'est alors demandé qui nous allions prendre pour le remplacer et d'une seule voix, nous avons dit "Julien". On le connait tous depuis longtemps, moi depuis plus d'une dizaine d'années. On a un peu commencé ensemble.
Etienne (batterie) : On l'a beaucoup côtoyé et nous sommes très souvent restés en contact, soit par le biais de Lazy ou encore Grymt. C'était soit lui, soit nous arrêtions tout. Il nous fallait un guitariste capable de jouer du metal et du rock comme on l'entend et nous ne connaissions que lui.
Thomas : Puis ça ne servait à rien de prendre un clone de Benjamin, ou quelqu'un qui avait le même son et le même jeu. On s'est dit qu'il serait bien, justement, de rebondir là-dessus et prendre quelqu'un qui fait autre chose.

C'est une annonce qui a étonné, AqME apparaissait aux yeux de tous comme un gang soudé...
Etienne : Je trouve ça normal que les gens soient surpris. On a toujours donné l'image d'un groupe soudé et nous l'étions vraiment, mais c'est vrai que les deux dernières années, nous avions senti que nous étions trois personnes soudés d'un côté, artistiquement et humainement, et que nous n'étions plus aussi proches de Benjamin. On ne sait pas s'il s'est éloigné de nous ou l'inverse, mais quoi qu'il en soit, nous avons senti que nous devions nous séparer.
Thomas : Peut-être était-il le seul d'entre nous à ne pas avoir changé. Alors que nous nous dirigions tous vers quelque chose de plus brutal et metal, lui n'avait pas envie d'aller dans cette direction-là.

Comment s'est passée l'intégration de Julien ?
Thomas : Oh, il était déjà intégré, c'est comme s'il était déjà membre de la famille ! Par contre, contrairement à Metallica, nous n'avons pas pu lui faire un chèque d'un million de dollars (rires).
Etienne : Par contre on lui a offert la possibilité d'enregistrer un album en Suède, ça l'a quand même bien fait bander !
Thomas : Il savait qu'il entrait dans les rangs d'un groupe qui avait envie d'avancer et qui se donnait les moyens pour le faire, il y avait un côté investissement total dans la musique qui lui a beaucoup plu.
Etienne : Le fait d'avoir déjà joué dans plusieurs groupes, c'est aussi quelque chose qui lui a facilité la tâche lorsqu'il a intégré AqME. Il a l'habitude d'être un peu passe-partout, au début il était comme ça, genre caméléon "je m'adapte", puis dès qu'il a commencé à se sentir à l'aise, on lui a demandé d'apporter des idées et pas seulement jouer de la guitare.

Justement, j'allais y venir. Quel a été son rôle sur le disque et a-t-il travaillé sur toutes les compos ?
Thomas : Etienne avait, comme d'habitude, beaucoup de morceaux dans la tête et il les a proposés à l'ensemble du groupe, on a pioché dedans et Julien a apporté sa touche. Il a même été à l'origine de certains titres, je pense par exemple à "Noël noir".
Etienne : Finalement, lorsqu'on y repense, notre façon de bosser n'a pas vraiment changé, la seule différence avec Ben vient du fait que Julien et moi avons un gros bagage musical en commun. En tout cas, on a quasiment approuvé tout ce qu'il nous a apporté. C'est facile de bosser avec un type comme ça ! Puis pour lui c'était comme composer un premier album, pour des vieux croutons comme nous, ça apportait un peu de fraîcheur (rires).
Thomas : Mais c'était pas un mouton qui suivait le mouvement, si on lui proposait un truc qu'il n'aimait pas, il avait le courage de dire non, c'était important.
Etienne : Je m'adapte toujours aux gens avec lesquels je joue. Lorsqu'on composait avec Benjamin, je connaissais sa manière de jouer alors forcément, j'allais dans son sens. Cette fois, partageant de nombreux goûts musicaux avec Julien, j'ai pu me lâcher et apporter plein de nouveaux trucs que je n'aurais pas forcément amenés chez AqME par le passé.



Avec cet album, j'ai eu l'impression de redécouvrir la musique d'AqME, notamment à travers le son de guitare. L'effet Julien ?
Thomas : Complètement. C'est ce qui a changé, on perçoit mieux les parties de guitare qui sont plus incisives, moins basse/guitare. Il a eu la bonne idée de se travailler un son spécifique.
Etienne : Plus clair avec des accords beaucoup plus ouverts. Du coup, il y a des choses qu'on a sur ce disque que nous n'aurions pas pu faire avec le son de Benjamin. Ce son gras, un peu crado, c'était une marque de fabrique, mais aussi une limite.

Il y a des accents punk/rock'n'roll à la Turbonegro, vous êtes d'accord ?
Thomas : Cool ! Si t'as ressenti un truc garage avec un son un peu metal et une attitude plus rock'n'roll, ça me convient totalement ! Dans le garage y a l'énergie, dans le metal y a la lourdeur, alors si on a réussi à allier les deux, je trouve ça vraiment génial.

Retourner en Suède pour enregistrer avec Daniel Bergstrand, c'était une évidence ?
Thomas : Ouais, car c'est un mec avec qui on adore bosser, mais surtout c'était plus cool, car on a pu tester son nouveau studio. Il y avait un côté découverte super stimulant, nouveau lieu, nouvelle façon de travailler... même si c'était avec les mêmes personnes. C'est un peu à l'image de l'album, c'est le même groupe, mais d'une autre manière.
Etienne : Je pense aussi que c'est un disque qui correspond bien à Daniel. Si on a un disque qu'on ne sent pas pour lui, on n’hésitera pas à aller voir quelqu'un d'autre, mais celui-ci en particulier, plus encore que certains autres par le passé, était fait pour Daniel. Avec le recul, on est d'accord pour se dire que nous ne nous étions pas vraiment sentis à l'aise avec lui lors de l'enregistrement de "Polaroïds & Pornographie". Le résultat est bon, mais ça ne s'était pas très bien passé.
Thomas : C'était peut-être pas la bonne époque pour nous, pour lui...
Etienne : "Hérésie" lui correspondait déjà plus et lorsqu'il a écouté nos nouvelles maquettes, non seulement il a trouvé ça mortel, mais il est venu nous voir en répèt’ et a trouvé les nouveaux morceaux super. C'était très encourageant pour nous.

D'où vient ce titre d'album, "En l'honneur de Jupiter" ?
Thomas : À la base, c'est le titre d'une chanson, et au moment de chercher le titre de l'album on s'est tous concertés, il y avait 15.000 options, on ne savait pas vraiment dans quelle direction aller... Il y avait par exemple "Le silence de Mercure", mais dans les sonorités je trouvais que ça ressemblait un peu trop à "La fin des temps". Par contre pour la signification, je préfère que les gens aillent un peu fouiller par eux-mêmes, faire jouer la personne et pas lui donner tous les éléments. Un album, c'est pas uniquement la musique qu'on "entend", c'est aussi de la musique qu'on "écoute", avec des textes, des significations... Même quand je dis des choses très crues, il faut chercher le second voir le troisième degré. Par exemple sur "Macabre moderne", je dis "profite de chaque instant/on ne vit qu'une seule fois/on meurt tous du premier coup", il y a des gens qui l'ont pris au premier degré, c'est vrai que c'est très crû, mais il y a quelque chose de cynique là-dedans qui me plaît.
Etienne : Il y a un retour du cynisme effectivement, mais plus fin que par le passé je trouve. Tu parles de double sens, et c'est vrai qu'il y a plus de dimension dans ces textes-là que sur "Hérésie" par exemple.

Parlons un peu de la crise du disque et des conséquences sur les artistes. Il y a quelques années, vous arriviez à vivre de votre musique, aujourd'hui ce n'est plus le cas. La faute au téléchargement illégal j'imagine ?
Thomas : Clairement. On a vu nos ventes de disques divisées par quatre, ce qui signifie que notre "salaire" a lui aussi été divisé par quatre. Et puis on a dû arrêter les concerts pour composer l'album, or les concerts, c'est devenu la principale source d'argent pour les groupes. Mais c'est un cercle vicieux, car si tes ventes de disques sont divisées par quatre, eh bien les salles de concerts te disent que tu ne vends plus alors ils sont frileux, et tu as donc de plus en plus de mal à trouver des dates. Alors du coup, on s'est mis à chercher du taf, comme tout le monde.

Ce qui peut être un souci par la suite pour partir en tournée...
Thomas : Exactement, c'est sans fin. Moi je suis sensé bosser le vendredi et le samedi, ça va poser problème. Pour l'instant, je vis au jour le jour, on verra comment ça se passera, mais si je dois quitter le boulot, ben je le ferai, j'essaierai de trouver un truc à mi-temps... franchement je sais pas.
Etienne : C'est clair que musicien, c'est une vie égoïste qui te demande de sacrifier beaucoup de choses par passion, y compris dans ta vie personnelle.
Thomas : T'es pas là pour ta famille, pour tes amis, pour ta moitié... Moi mes potes, ça fait un mois que je les ai pas vus.
Etienne : En France, c'est assez dur d'être amateur, soit t'es pro, soit t'existes pas. On va naviguer un peu entre les deux en essayant de joindre les deux bouts... Espérons que le public sera au rendez-vous.

Site Internet : www.aqme.com

 

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