Mercredi 20 mai, le Palais omnisport de Paris Bercy recevait l’illustre Lenny Kravitz, accompagné du non moins fameux Chris Cornell. Une affiche alléchante qui allait déboucher sur un show au gigantisme absolu, et en tout point magistral.
Deux mastodontes du rock réunis à l’affiche d’un même concert. On comprend vite pourquoi les 15.000 places se sont arrachées. Ce soir, le show se joue à guichet fermé. Certains fans n’ont pas hésité à squatter le lieu dès 7 h du matin, espérant alors prendre place au sacrosaint premier rang.
Chris Cornell est le premier gladiateur à fouler l’arène. L’artiste est en pleine promotion de “Scream”, son sulfureux nouvel album solo qui se démarque par son goût prononcé pour l’électro. L’ex-Soundgarden, réputé pour avoir l’une des plus belles voix du rock moderne, fusionne avec facilité des couplets parfois très durs à des refrains incontestablement mélodiques. A Bercy, il allait devoir se surpasser pour imposer ses nouvelles compos, enregistrées en studio sous la houlette de Timbaland. Le chanteur ne se risque pas à jouer la carte du 100 % synthétique et est ici appuyé par un véritable band. Il en résulte une performance clairement rock’n’roll, conférant une facette plus enragée aux singles “Part Of Me”, “Scream” ainsi que “You Know My Name”, générique de Casino Royale. Le set de 40 minutes est rondement mené et parvient même à électriser les fans hardcore de Lenny Kravitz ainsi que les quelques VIP de choix : Prince, Johnny Hallyday ou encore Jean Reno. Un beau préambule à la déflagration qui allait suivre.
Lorsqu’il entre en scène, Lenny Kravitz sait pertinemment qu’il tient Bercy à sa merci. Il resplendit dès son arrivée, déployant une aura incroyable qui allait illuminer la salle pendant deux bonnes heures. Et l’alchimiste va nous sortir l’argenterie, ou plutôt les dorures, à l’image du pied de micro, de la batterie et des amplis plaqué or. Il revisite toute sa carrière et plus particulièrement son premier album, “Let Love Rule”, sorti il y a tout juste 20 ans. L’occasion de déployer l’artillerie lourde et de balancer une ribambelle de singles aussi intemporels qu’imparables. “Freedom Train” lance les hostilités, donnant un ton clairement nostalgique à la setlist. Les musiciens sont stupéfiants, notamment le prodigieux guitariste Craig Ross, plaquant avec une facilité déconcertante ses flamboyants solos. On a également pu tâter du cuivre (trompettes et saxo) ainsi que l’inévitable piano pour les ballades les plus torrides. On a même eu droit à quelques effets pyrotechniques sur les mythiques “American Woman” et “Are You Gonna Go My Way”. Du grand spectacle et un show mené avant tout par une incroyable générosité. On aura du mal à oublier le dantesque “Let Love Rule”, exécuté avec maestria.